
Invité culture
RFI
Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.
Location:
France
Networks:
RFI
Description:
Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.
Language:
French
Episodes
Saint-Pierre-et-Miquelon, au cœur du nouveau roman d'Anne-Solange Muis
4/16/2026
Anne-Solange Muis est géographe. Elle a créé la maison d'édition Terre Urbaine, qui publie des essais sur l’écologie, les territoires et la ville. Son premier roman, Une île pour elle, a reçu plusieurs prix, dont le prix Amerigo-Vespucci. Son nouveau roman, Écume d'hiver, nous emmène sur l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle est l'une des invités du Festival du Livre de Paris qui se tient au Grand Palais du 17 au 19 avril 2026.
Dans le village de Miquelon, l'hiver a tout effacé et l'horizon n'existe plus. C'est ici que sont nés Michel et Jean, deux frères qui vivent de la pêche traditionnelle à la morue. Mais un soir de grand froid, Jean disparaît. Son sort va alors sceller le destin de son fils Yoann, contraint de revenir sur l'île qu'il avait quittée enfant. Se heurtant à un quotidien où la nature guide tout, cet homme devra renouer avec la terre qui l'a vu naître et, qui sait, avec son passé.
À travers des chapitres composés comme des tableaux, Anne-Solange Muis plonge le lecteur dans les paysages et les légendes de Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce bout de France perdu aux confins de l'Atlantique Nord. Et bâtit, avec une langue d'une infinie sobriété, le décor immense d'une vibrante histoire de transmission. (Présentation des éditions Phébus)
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La romancière Elsa Olaizola questionne la transmission de la violence dans «L'Héritage de Soledad»
4/15/2026
Avec L'Héritage de Soledad, Elsa Olaizola interroge, à travers un voyage initiatique, la part d'ombre transmise par nos parents. Son premier roman est publié chez JC Lattès. Entretien avec la romancière, également membre de la rédaction numérique de RFI.
RFI : Vous signez, chez Jean-Claude Lattès, L'Héritage de Soledad, un premier roman magistral, un roman initiatique où l'on suit, sur les routes de l'Ouest américain, le jeune Emiliano qui part sur les traces de son histoire familiale, celle de sa mère qui porte en elle un très lourd secret. Pourquoi avez-vous choisi ce thème du secret familial pour ce premier roman ?
Elsa Olaizola : Je pense que c'est un thème universel qui concerne beaucoup de personnes, avec des questions sur : qu'est-ce qui constitue ma famille ? Pourquoi mon père, ma mère réagissent-ils de cette façon ? Qu'est-ce qui se passe dans la cellule familiale ? Et je pense qu'à différentes étapes de nos vies, on se pose ces questions. Moi, j'arrive à la trentaine, j'arrive dans une nouvelle période de ma vie où je me préoccupe de ce que nous ont transmis nos ancêtres.
La question que vous posez est celle de la transmission des traumatismes d'une génération à l'autre. C'est une question qui hante le livre. Est-ce aussi une question qui vous hante ?
En fait, je pense que ce qui me hante, c'est de savoir qui on est vraiment. En tant qu'enfant, ce qui peut être difficile, c'est de recevoir des choses de la part de ses parents sans connaître leur histoire. Par exemple, dans ce livre, Emiliano a beaucoup souffert d'être aux côtés d'une mère, certes qui l'aime, mais qui traverse des épisodes de colère très violents, proches de la folie. Et lui, il reçoit cette violence en tant qu'enfant. En sens inverse, le parent peut se demander : qu'est-ce que je possède de mon histoire familiale ? Qu'est-ce qui m'a construite et que je vais peut-être transmettre ou que je n'aurais pas du tout envie de transmettre ? Et en fait, Djune (la protagoniste du roman, NDLR), c'est ce qui la hante. Elle a peur de ce qu'elle va transmettre à son enfant, de ce qu'elle pourrait transmettre lié à son histoire avec le père d'Emiliano, mais aussi de son histoire familiale à elle, une histoire qu'elle connaît mal.
La violence est un héritage ? Comment fait-on quand on reçoit un tel héritage ? Emiliano, lui, a trouvé une solution, il prend la route...
Emiliano a beaucoup de colère en lui. C'est un adolescent. L'adolescence est souvent une période de grande colère, mais lui a des raisons supplémentaires d'être en colère, parce qu'il est dans une relation très conflictuelle avec sa mère. La mère d'Emiliano redoute d'avoir transmis à son fils un héritage de violence, parce qu'elle-même se pense issue d'une tradition de violence. Donc, durant toute sa vie, elle va chercher à protéger Emiliano de cette violence.
Et en même temps, ce qui est terrible pour cette mère, c'est qu'elle guette le moindre signe de violence chez son fils. Si elle le voit, par exemple, courir après des poules dans le jardin – parce que c'est un enfant et qu'il veut jouer –, elle va en être terrifiée et y voir la preuve qu'il a reçu de la violence en héritage.
Ce qui est important, c'est que la violence n'est pas seulement dans le cercle familial. On est aux États-Unis, et donc, on est dans une société très violente, une société qui s'est construite sur le génocide des peuples natifs américains, une société patriarcale violente aussi envers les femmes. Se pose donc pour elle la question de savoir comment faire pour que son fils échappe à une violence, alors que celle-ci est partout présente.
Finalement, on a l'impression qu'à travers cette Amérique ultra-violente, vous nous offrez un miroir du monde. Le monde est donc si violent que ça ?
Moi, c'est comme ça que je le ressens. Je pense que c'est important d'avoir conscience de cette violence du monde justement pour pouvoir la prendre en compte et savoir ce que l'on en fait. Vous parliez du fait qu'Emiliano se rend dans une...
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Isaach de Bankolé retrouve Claire Denis dans «Le Cri des gardes»
4/15/2026
Le Cri des gardes, le nouveau film de Claire Denis, est sorti mercredi 15 avril en salles. C'est l'adaptation de Combat de nègre et de chiens, la pièce du dramaturge Bernard-Marie Koltès : un huis clos, de nuit, dans la chaleur africaine, filmé comme une tragédie grecque – un homme qui vient chercher le corps de son frère, assassiné sur un chantier.
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Les réalisateurs Olivier Nakache et Éric Toledano encapsulent les années 1980 dans «Juste une illusion»
4/14/2026
Olivier Nakache et Éric Toledano, réalisateurs d'Intouchables, un des plus gros succès du cinéma français, reviennent à l'un de leurs sujets de prédilection : la famille. Dans leur nouveau long métrage, Juste une illusion, qui sort en salles mercredi 15 avril 2026 en France, ils revisitent les années 1980 de leur adolescence. Et c'est le portrait d'une famille attachante qui apparait l'écran.
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Osam : fusion futuriste et oud en apesanteur sur «Mars», son nouvel EP
4/13/2026
Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident.
RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ?
Osam : Évidemment, j'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu imposé. Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher à autre chose. C'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc.
Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ?
C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, etc. J'ai commencé à m'entraîner dessus et cela a grandi petit à petit.
Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ?
C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités de grave et d'aigu, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content.
Cet EP est un voyage initiatique entre la terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ?
Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à le voir. Un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter à la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire de ce voyage.
Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ?
Humainement, on s'entend super bien et musicalement, c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer en cinq minutes. On enregistrait en solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable. J'ai trop kiffé.
Osam Mars (Mad Rabbit) 2026
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Les peintures colorées et intenses de Miryam Haddad, des panneaux inspirés des portes de Palmyre
4/12/2026
Miryam Haddad, jeune artiste syrienne née à Damas et qui vit en France aujourd'hui, expose ses peintures à la galerie Art Concept dans le Marais à Paris. Des œuvres colorées, vivantes mais aussi intensément chargées, autant que l'histoire de son pays et de sa région, le Moyen-Orient.
Ces paysages où la terre, l'eau et le ciel se fondent dans des volutes laissent apparaître des signes, des figures géométriques, des visages, créant une œuvre envoûtante.
Miryam Haddad a signé il y a quelques années l'affiche du prestigieux festival de théâtre d'Avignon. Ses peintures figurent dans plusieurs collections, dont celle de l'Institut du monde arabe à Paris.
Une exposition à retrouver jusqu'au 18 avril 2026 à la galerie Art Concept à Paris.
À écouter dans De vive(s) voix«Et la terre se transmet comme la langue», variations autour de Mahmoud Darwich
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La chanteuse Dinaa, ou quand l'écho d'une «Maison vide» devient refuge
4/9/2026
Après deux années à sillonner les routes de France seule avec sa guitare, la chanteuse Dinaa dévoile son tout premier album, Maison vide. Elle qui transforme sa vie en chansons se confie sur une rupture amoureuse difficile qui a tout chamboulé. Elle y livre ses morceaux comme des confidences, entre le besoin de fuir et l'envie de tromper l'absence dans la fête pour anesthésier la douleur. Le champ de bataille qu'est sa Maison vide se révélera finalement être aussi son dernier refuge…
À écouter dans Bonnes pulsations du mondeLes femmes sont à l'honneur (Dinaa, Alsarah, Celia Wa, Queen Rima...) et NTM dégaine en live
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L'histoire oubliée du football féminin, revisitée dans la BD «Le Match du siècle» de Julie Billault
4/8/2026
L'histoire oubliée du football féminin, retracée en bande dessinée : dans Le Match du Siècle, la scénariste Julie Billault et le dessinateur Seb Piquet remontent dans le temps, jusqu'à la Première Guerre mondiale. Une époque où les femmes ont remplacé leurs maris partis au front à l'usine – et aussi sur les terrains de football. La pratique suscite l'engouement du public. Pourtant, à la fin de la guerre, elle est interdite, et ce jusque dans les années 1970. Une histoire méconnue et pourtant symptomatique des avancées des droits des femmes au siècle dernier.
RFI : Julie Billault, vous co-signez avec le dessinateur Sébastien Piquet la BD Le Match du siècle. De quoi parle cet ouvrage ?
Julie Billault : L'idée, c'est de raconter comment le football s'est imposé en Angleterre pour les femmes pendant la Première Guerre mondiale, puisqu'elles ont pris la place des hommes dans les usines, et comment cet engouement pour ce sport s'est fait de plus en plus fort. Jusqu'au retour des hommes où, peu de temps après, la Fédération anglaise édicte un ban, c'est-à-dire une interdiction peu ou prou pour les femmes de pratiquer le football. Et cette interdiction va durer 50 ans.
Le match du siècle, qui donne son nom à la BD, c'est cette rencontre du 23 mars 1920 entre l'équipe féminine de Liverpool et leurs adversaires écossais. En tout cas, c'est comme ça que c'est raconté dans la BD. Mais en réalité, après ce match, les footballeuses continuent de jouer, et la BD court jusque dans les années 1970. Pourquoi avoir choisi cette date du 23 mars 1920 ?
C'est ce jour-là que l'on va enregistrer la plus grosse affluence pour un match de football joué par des femmes pendant 100 ans. Il se déroule à Goodison Park, un stade où joue aujourd'hui l'équipe d'Everton. Le match se déroule à guichets fermés, avec plus de 50 000 spectateurs à l'intérieur et 15 000 à l'extérieur. Pour moi, c'était vraiment essentiel pour montrer l'engouement, presque six mois avant que ça soit totalement interdit. Ce n'est pas une interdiction qui est prononcée parce que l'intérêt décline ; c'est une interdiction qui est prononcée parce qu'il y a trop de concurrence.
Justement, d'où vient cette interdiction ?
Pour commencer, il y a de la concurrence avec les hommes, ce qui n'était pas prévu. On n'imaginait pas que ces femmes allaient poursuivre leur activité une fois la guerre terminée. Et puis, pendant la guerre, ces équipes ne sont pas vraiment dans une situation de professionnalisation. Elles font des matchs de charité, c'est-à-dire que les recettes sont reversées aux soldats qui sont sur le front. Bien évidemment, ces matchs de charité perdent leur raison d'être, en quelque sorte, après la guerre. C'est aussi une période d'une intense crise économique en Europe et notamment en Angleterre. Donc, ces femmes qui sont aussi ouvrières vont faire des matchs pour engranger des recettes afin de les reverser aux grévistes. C'est à partir de ce moment-là que la Fédération siffle en quelque sorte la fin de la partie et dit que c'est terminé. Elle prononce donc cette interdiction qui n'en est pas vraiment une, mais qui va vraiment marginaliser les joueuses.
La Fédération décrète qu'à partir de ce moment-là, les femmes ne peuvent plus utiliser les infrastructures de la Fédération, et plus personne ne peut les aider à pratiquer. De fait, cela leur interdit l'accès à tous les stades du pays, ou presque, ainsi qu'à tous les entraîneurs disponibles.
Ce ban va donc jusqu'au milieu des années 1970, soit 50 ans. Comment expliquez-vous que cela ait duré aussi longtemps ?
Cela correspond à un mouvement de fond. Car dans la foulée, d'autres interdictions vont suivre en Europe. Et peu à peu, la pratique tombe dans l'oubli. Avant les Coupes du monde pirates des années 1970, on a peu d'équipes, ça redémarre doucement, mais cela reste encore très à la marge. Donc, il n'y a pas de véritable nécessité de se pencher sur le ban. Et puis, quand les Coupes du monde arrivent, on réalise qu'il y a...
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La guitare selon Raphaël Feuillâtre, entre clarté baroque et éclats sud‑américains
4/6/2026
Il compte parmi les musiciens classiques les plus écoutés sur les plateformes. Né à Djibouti et formé en France, Raphaël Feuillâtre s'impose aujourd'hui comme le nouveau visage mondial de la guitare classique. Salué pour la subtilité de son jeu et l'ampleur d'un répertoire qui traverse les styles et les siècles, il sera le premier guitariste invité au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, où il se produira ce mardi 7 avril dans un programme qui relie les maîtres baroques français et allemands aux compositeurs espagnols et latino‑américains – de Bach à Piazzolla.
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«À présent, je suis entière», confie Lucy Sante, l'autrice américaine de «D'elle à moi»
4/5/2026
Dans son livre D'elle à moi, l'écrivaine et critique américaine Lucy Sante livre le récit bouleversant d'une transition de genre tardive. En 2021, à 67 ans, Luc Sante annonçait à ses proches son besoin de devenir Lucy. Son autobiographie retrace plus de six décennies de silence et d'identité réprimée, et entremêle sa trajectoire intime à son parcours d'immigrée belge aux États-Unis, dans le New York vibrant des années 1970 et 1980.
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«L’Odyssée TransAntarctic»: un récit musical entre archives et aventure par Graciane Finzi
4/2/2026
Mettre en musique un voyage vers l'Antarctique : c’est le pari de Graciane Finzi. À 80 ans, la compositrice française d’origine italienne signe un concert-récit immersif qui fait revivre l’expédition polaire menée en 1914 par le capitaine britannique Ernest Shackleton. Rencontre avec l’artiste qui met le cap sur Monaco où son spectacle accoste ce vendredi 3 avril pour trois représentations au festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo.
À partir du journal de bord d'Ernest Shackleton et des photographies d’époque, L’Odyssée TransAntarctic retrace en une heure le naufrage du voilier L'Endurance et la survie spectaculaire de son équipage, resté plus de deux ans sur la glace.
Un voyage qui mêle instruments classiques et ambiances électroniques, archives historiques et paysages sonores arctiques.
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Biréli Lagrène et ses «Elegant People» revisitent le jazz américain
4/1/2026
Biréli Lagrène manie la guitare depuis près de cinq décennies. Le jazz manouche, le blues, le jazz, la guitare classique. L'âge aidant, il aime revisiter les classiques du jazz américain, en compagnie d'un trio de musiciens. Ce sont peut-être eux les Elegant People dont nous parle l'album qui vient juste de sortir sur les plateformes.
Le guitariste français de jazz Biréli Lagrène aime surprendre ses fans, emprunter de nouveaux chemins, ou carrément ouvrir de nouvelles routes. Le guitariste qui, à 13 ans, épatait les gitans de Strasbourg, sa ville natale, fut un enfant prodige du jazz manouche, avant de devenir l'un des guitaristes les plus innovants et les plus recherchés de sa génération.
Admiré par Georges Benson, ami du regretté Sylvain Luc avec lequel il a collaboré à de nombreuses reprises, Biréli Lagrène est réputé pour son jeu inventif et désormais de plus en plus dépouillé. Des qualités qu'il met au service du répertoire de jazz américain sur son dernier opus Elegant People qui sort sous le label Pewee! Il y est en compagnie de Jean-Yves Jung, son pianiste et principal collaborateur, William Brunard à la contrebasse et Raphaël Pannier à la batterie.
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Falmarès, poète guinéen exilé : "Il faut chercher la beauté, même si elle est loin"
3/31/2026
L’exil, sa Guinée natale, la Bretagne où il a élu domicile, la beauté de la nature et toutes ses rencontres : dans son recueil Le Jardin des Flamboyants, paru fin février, le poète Falmarès (Mohamed Bangoura, de son vrai nom) raconte – ou chante, comme il le dit – sa vie. Les souvenirs de Koba, où il est né ; l’héritage de sa famille de griots ; la douleur du périple qui l’a mené en Libye, en Italie, puis en France ; mais surtout les petites joies du quotidien, qu’il ne faut jamais perdre de vue.
RFI : Falmarès, bonjour. Bonjour Léa. Vous venez de publier un recueil de poèmes, Le jardin des Flamboyants. Comment dans votre parcours en êtes-vous arrivé à la poésie ?
Falmarès : J'ai rencontré la poésie sur ce périple difficile que j'ai effectué. Quand je suis arrivé en Italie, j'avais du mal à dormir, j'étais traumatisé par tout ce qui se passait. J'ai ressenti le besoin de la lecture. Comme tout était écrit en italien, je me suis mis à écrire en français pour me lire. Ensuite, à mon arrivée à Nantes, j'ai découvert les bibliothèques et je passais toutes mes journées à lire et à écrire. Et c'est comme ça que j'ai découvert la poésie, mais disons la littérature d'une manière générale.
Vous publiez un recueil très riche, plus d'une centaine de poèmes. Ecrivez-vous tous les jours ?
Je n'écris pas tous les jours, mais je garde cette habitude-là d'écrire toutes les semaines. Cette régularité me permet d'apprendre davantage. Je me considère comme un apprenant permanent et comme quelqu'un de curieux, qui observe, qui aussi essaie de se souvenir. Parce que le poète, pour moi, c'est aussi quelqu'un qui se souvient. J'essaie de me souvenir aussi de Koba à 200 km, de Conakry, de mettre mon oreille au plus près du stylo pour écrire sur ça. Mais pour moi, mon écriture va au-delà d'une simple écriture d'exil.
Justement, que représente la poésie pour vous ? Un moyen d'exorciser, un refuge ?
La poésie, d'abord, c'est l'espoir. Le poète doit chanter l'espoir, chanter la beauté, même si parfois, certaines situations masquent cette part de beauté. Mais on doit la chercher, même si elle est loin.
Vous employez le terme de chanter. Quel est le rapport que vous faites entre la poésie et le chant, l'écriture et la musicalité ?
La poésie est un chant. Quand on parle, par exemple, du mandingue, les premiers poètes qui ont existé, ce sont des griots. Or les griots, ce sont des joueurs de kora, de musique. Même en Occident ! Les premiers poètes, Hésiode, Homère... c'étaient des aèdes, qui chantaient leurs poèmes. Donc, je ne peux pas dissocier la poésie de la musicalité. La poésie sans la musique s'arrête tout de suite.
Vous dites aussi dans l'un de vos textes que chaque poète a en lui ou en elle un langage à transmettre au monde. Quel est le vôtre ?
Le langage, c'est le langage poétique qui est universel. Il y a aussi la langue mandingue, cette parole des griots, de mes grands-parents... et cette rencontre avec le langage occidental. J'écris entre ces deux mondes-là.
Vous signez un recueil plein de vie, de douceur, de bonheur - même s'il y a aussi des textes plus sombres où vous racontez l'exil, la Libye, le périple. Considérez-vous la joie comme un acte de résistance ?
Nous ne devons pas oublier les petites choses. Dans une vie, il n'y a pas que des choses douloureuses. Moi, sur ce périple où j'ai failli mourir plusieurs fois, j'ai rencontré la poésie, j'ai rencontré des humains... et puis il y a tout simplement la joie de vivre, d'avoir survécu. Donc, on ne doit pas oublier cette joie des choses simples de la vie. Je pense que je veux parler de ça surtout, de chanter les choses simples de la vie, le jardin, des plantes, une promenade. Je sais que ce n'est pas facile d'arriver à la simplicité, mais j'essaie, je tente.
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Alison Bechdel joue avec l'autofiction dans son nouveau roman graphique «Lessivée»
3/30/2026
On la surnomme la « Queen of queer » (« Reine du queer »). L'autrice de bande dessinée Alison Bechdel vient de publier son dernier roman graphique, Lessivée, paru chez Denoël Graphic. Cette Américaine de 65 ans a connu un grand succès public et critique il y a 20 ans avec Fun home, récit autobiographique sur son enfance un peu particulière dans un salon funéraire. Dans Lessivée, elle s'invente un avatar qui vit dans une communauté progressiste et s'interroge sur son rapport à l'argent.
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La chanteuse vénézuélienne Rebecca Roger Cruz, le chant des oiseaux et de l'âme
3/26/2026
Née à Caracas, la chanteuse et musicienne Rebecca Rogez Cruz a été l'un des temps forts du festival Babel Music XP, à Marseille, dans le sud de la France. Bercée par la chanson latino-américaine et initiée au jazz et aux musiques traditionnelles, elle déploie un paysage musical unique et inclassable à la croisée du baroque, de la chanson populaire, du flamenco et du rock. Sa voix transporte aussi bien au cœur des cérémonies vénézuéliennes que directement dans la nature entourée d'oiseaux.
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Bérangère McNeese filme de lumineuses et courageuses «Filles du ciel»
3/25/2026
Les amateurs de séries connaissent Bérangère McNeese pour avoir joué dans la série à succès HPI (le personnage de Daphné, la jeune enquêtrice data analyste). La comédienne belge passe à la réalisation avec un premier long-métrage remarqué, sorti ce mercredi 25 mars sur les écrans français. Les Filles du ciel met à l'honneur la sororité à travers la relation de quatre jeunes filles marginales qui composent une famille de substitution.
À écouter dans L'Invité cultureAkinola Davies Jr, réalisateur de «Un jour avec mon père»: «Mon film est 100% Nollywood»
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Akinola Davies Jr, réalisateur de «Un jour avec mon père»: «Mon film est 100% Nollywood»
3/24/2026
Imaginez Lagos en 1993. La ville gronde, les militaires sont dans les rues, le Nigeria retient son souffle après une élection annulée. Notre invité culture, aujourd’hui, Akinola Davies Junior, a filmé ce chaos, vu à hauteur d’enfant. Son premier film «Un jour avec mon père», suit deux enfants, deux frères, qui accompagnent leur père dans la mégapole.
En mai dernier, il a reçu, au festival de Cannes, une mention spéciale pour la très prestigieuse Caméra d’Or. Il sort ce mercredi dans les salles françaises et Akinola Davies Junior est au micro d’Elisabeth Lequeret.
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La pièce «Scènes de la vie conjugale» raconte le récit d’un amour en mouvement
3/23/2026
Scènes de la vie conjugale, c'est ce film mythique réalisé par Ingmar Bergman au début des années 1970. Le réalisateur suédois y décortique la relation de couple, ou c'est plutôt le grand déballage. L'amour se mêle aux reproches, les sentiments au sexe entre désir et répulsion. Un grand moment de vérité qu'adapte sur scène Christophe Perton au théâtre de la Concorde. Une pièce jouée comme un match de boxe par Stanislas Nordey et Romane Bohringer.
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«Et toi, comment ça va?», le Liban en guerre raconté à travers une correspondance dessinée
3/22/2026
« Et toi, comment ça va ? » : cette question banale ne se pose pas vraiment pour les habitants de pays en guerre. C'est pourtant le titre d'un roman graphique qui vient de paraître chez Casterman. Pendant plusieurs mois, les dessinateurs Charles Berberian, à Paris, et Michèle Sandjofski, à Beyrouth, ont échangé une correspondance dessinée, pour parler du pays bombardé par Israël.
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Déracinement et reconstruction par le langage dans la pièce «Au bout de ma langue»
3/19/2026
Créée dans le cadre du dispositif 4x4 des Tréteaux de France, la pièce Au bout de ma langue – انا لا اشتكي, écrite par Simon Grangeat, raconte le déracinement, l'attachement à sa terre et la difficulté à se reconstruire dans une nouvelle culture, par un angle bien précis : celui du langage. Un petit garçon, Taym, arrive en France à 9 ans, après avoir fui la violence de son pays. Agressé par une langue qu'il ne comprend pas, incapable de se faire entendre, Taym plonge dans le mutisme jusqu'à la reconstruction. Rencontre avec la metteuse en scène Tal Reuveny.
RFI : Tal Reuveny, dans Au bout de ma langue – انا لا اشتكي, vous racontez l'histoire d'un petit garçon, Taym. Il arrive en France à l'âge de 9 ans, sans parler la langue, et s'enferme dans le mutisme comme mécanisme de protection. De quelle manière ce texte a-t-il résonné en vous ?
Tal Reuveny : Cela a beaucoup fait écho à ma vie. Moi aussi, je suis arrivée en France il y a dix ans, presque onze maintenant, et je ne parlais pas un mot de la langue. Je me souviens de mon stress la veille de mon départ. J'ai appelé une amie pour lui demander : « Comment on dit ''merci'' ? » (rires). C'était ça, mon niveau de français avant d'arriver. Depuis, je vis ma vie en français, cette langue est entrée dans ma vie. Je me reconnais beaucoup dans l'histoire de Taym, à quel point c'était compliqué de rentrer dans une autre culture, une autre langue ; mais aussi à quel point c'était émouvant et transformatif de traverser cela. Lorsque notre cerveau arrive à faire les deux en même temps, ça ouvre une richesse aussi en nous, en tant qu'humains.
Un des gros questionnements de la pièce, c'est justement que ce petit garçon a peur de disparaître, comme si cette nouvelle identité allait effacer l'identité syrienne qu'il avait jusque-là. Votre pièce montre qu'en réalité, on peut cumuler les deux : on n'a pas à s'effacer.
C'est vrai, et j'ai trouvé l'écriture de Simon Grangeat très impressionnante. Simon a vécu en France toute sa vie, il n'a pas traversé lui-même cette expérience. Mais il a réussi à comprendre profondément cette peur de se perdre dans cette expérience d'immigré, dans le fait d'apprendre une nouvelle langue. Cette peur existe, et pour une raison : c'est vrai que quand on cumule une autre langue, une petite partie de nous doit faire de la place. À terme, ces deux réalités peuvent vivre ensemble, mais cela prend du temps. Et dans l'histoire de Taym, c'est encore plus violent : il se retrouve sans repères lorsque sa mère décide d'arrêter de parler en arabe à la maison. Pour lui, c'est ça, le plus violent dans son histoire.
Donc cela amène aussi la question de comment faire, ici en France, pour accueillir d'autres langues, d'autres cultures, et pour ne pas obliger les autres à effacer leur identité, qu'on puisse aussi profiter de cette multiculturalité, ici, en France.
Effectivement, dans le court texte qui accompagne la pièce, vous expliquez qu'arriver dans un pays avec une langue qu'on ne comprend pas, c'est une violence symbolique. De quelle manière ?
C'est une violence symbolique, mais c'est aussi technique. On ne sait pas ce qui se passe autour de nous. On n'a pas de clés de parole, c'est vrai. Mais on n'a pas non plus les clés de politesse, de l'humour... Et c'est comme si on enlevait une partie de notre personnalité, de ce qu'on était dans notre pays d'avant. On ne peut plus être rigolo, cynique... On perd beaucoup de qui on est. Et on doit, petit à petit, soit réinventer qui nous sommes, soit reprendre ça dans une autre langue, avec une autre culture, avec d'autres références. Donc oui, la violence est symbolique mais aussi technique.
La pièce parle du silence de ce petit garçon, et pourtant, il y a tout un travail autour des sons, des enregistrements, des voix...
Pour parler de l'absence de quelque chose, il faut déjà remplir la scène et l'expérience du public des choses qu'après on va enlever. Donc, le silence et puis les chansons ; le silence et puis la parole ; le...
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